“Parmi les dépenses inutiles, les murs des cimetières : ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir, ceux qui sont dehors ne veulent pas y entrer.” Mark Twain.
A force d’y penser, Sarlet fut pris d’un fou rire. Et, sans hésiter, je suivis de mieux en mieux. Le journal à la main, je me rappelai qu’un jour, mon berceau fut placé à côté de celui d’un autre enfant. L’un de nous deux mourut. Depuis, de lui ou moi, je ne sais lequel est vivant… Je décidais alors de fausser compagnie à Sarlet pour aller prendre de l’air.
Vingt minutes plus tard, l’endroit où je me suis rendu grouillait de cadavres hystériques et de flics énervés qui beuglaient “Ne touchez à rien, bordel !”. Voilà pourquoi j’ai décidé, tout de suite, d’ouvrir les pages du journal que je tenais toujours à la main. En bref, de faire comme si rien d’autre ne se passait. Parce que c’est un peu cela : rien d’autre ne va se passer autour de moi. Ni pour moi, ni pour personne d’ailleurs, malgré ce que voudrait nous faire croire la réalité.
Me voyant toujours occupé par la lecture du journal, aucun des policiers ne vint vers moi. Ils étaient tous persuadés qu’un citoyen qui achetait encore le journal ne pouvait en aucun cas faire des embrouilles et encore moins d’avoir vu quelque chose. Et ils n’avaient pas tort, les flics !
J’étais la preuve vivante… de cette théorie!