«Quand on n’est pas dans cette malheureuse disposition [pécher pour pécher], alors nous essayons de mettre en pratique notre méthode, de diriger l’intention, qui consiste à se proposer pour fin de ses actions un objet permis.»
Si l’on prend l’exemple des jets de pierre que les bambins s’amusent à lancer contre les trains qui passent; ou ce jeune complètement disjoncté qui, basculant son postérieur, s’en prend aux passants. D’autres exemples de ce genre remplissent les colonnes des journaux.
L’intention est l’action de tendre l’esprit, et, par suite, mouvement de l’âme par lequel on tend à quelque fin. Ces manifestations contre-nature s’expliqueraient facilement par l’intention réelle de ceux qui les provoquaient. Bonne ou mauvaise, leur intention explique – au moins – que ces jeunes ne sont pas fous. Leurs actes sont sensés mais difficiles à interpréter.
Pour les jeunes à ras de campagne, tous ces gens à bord d’un train sont supposés heureux. Ils voyagent, donc ils profitent de la vie. Leur jeter des pierres, c’est une façon de leur communiquer un message : - Pourquoi vous et non pas nous ? Est-ce justice que nous restons cloués à notre patelin alors que vous, vous voyagez ?
Ce jet de pierre rapporté à la source de l’intention perd sa signifiance élémentaire pour prendre une autre complètement travestie. Et, si nous essayons de nous arrêter devant beaucoup de phénomènes de ce genre, avec une approche qui fouille au fond des intentions, nous allons découvrir que tous tendent vers une seule signification : Ces actes superficiellement condamnables ne servent en réalité qu’à faire passer un message par le biais de cet unique canal de communication à la disposition d’une grande frange de la société. Au lieu donc de considérer ces actes comme violents, il faut plutôt y voir la violence du cri qu’ils véhiculent.
Si ces bons pensants des hautes sphères continuent à considérer ce phénomène comme étant une simple manifestation de la délinquance en le traitant superficiellement, il va prendre de l’ampleur et un jour, et ces mômes, qu’ils n’ont pas su les écouter, feront régner la terreur partout jusqu’aux fins fonds des pouvoirs. Il est grand temps de répondre à leurs doléances qui se résument en deux mots : justice sociale. Car, il y est des signes avant-coureurs qui ne trompent pas.
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